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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:04

Image 1Si le « chef » Alain Passard a su torturer les légumes au point de les rendre mangeables, comme on violente la viande pour l’attendrir comme il est préconisé de le faire pour les épouses récalcitrantes, il est une cucurbitacée qu’il n’a jamais réussi à véritablement accommoder : le Blain.

 

Ce concombre à maturation lente, qui ne pousse qu’au plus fort des rigueurs de l’hiver dans ce département déserté par la culture qu’est la Charente, se mit à croître, par une aberration de la nature, dans la jardinière pleine de ficus masquant l’entrée des cabinets de l’Arpège, le restaurant du susnommé Alain Passard.

 

Pendant deux ans, Blain prit racines dans cette cambuse rutilante d’étoiles, car il lui faut de la lumière naturelle pour pousser correctement. Il demanda à boire — le concombre est composé à 99 % de liquide —, étala ses feuilles, fit de grosses fleurs jaunes : tout cela promettait une belle récolte et en cuisine, on se frottait les mains !

 

L’heure des moissons tardives sonna, le Blain fut prêt à être cueilli à la serpe d’or par les mains expertes du despote en tablier. Désespoir ! Le pied ne produisit qu’un salmigondis obséquieux à la gloire du chef, qu’un consommé de narcisses tournant autour d’une même soupière étoilée, qu’une ratatouille de propos plein de fibres équarris au gros couteau économe, qu’une macédoine maussade pas même rattrapée par un dessin pourtant virevoltant, qu’une compotée de courges nombrilistes qu’il fallut bien vite noyer dans le vinaigre pour masquer cette persistante odeur d’opportunisme qui s’en dégageait.

 

Image-2.pngRésultat : le bocal à cornichons qu’est le dernier ouvrage de Christophe Blain n’est pas sans rappeler ces salades d’endives au suprême de navet servies dans un Dîner presque parfait, ces laborieux gratins de chou-fleur nappés d’une béchamel fadasse post-éjaculatoire signés Cyril Lignac, ces grumeleux gruaux d’épeautre et de rutabaga de chez Masterchef et tant d’autres programmes originaux produits par des chaînes hardies animées par d’audacieux présentateurs et peuplées d’incroyables candidats. 

 

Dans un bel élan de correction fraternelle, Mea Culpa exhorte Christophe Blain à ne point ajouter à ses recettes ce vil ingrédient qu’est l’effet de mode, à ne pas compromettre l’élégance de son trait dans de la publicité déguisée, à cesser de vampiriser l’évanescent prestige de célébrités de niches culinaires ou politiques et à refuser à l’avenir tout projet de collaboration avec les versions trois étoiles de Maïté, Valérie Damidot, Stéphane Plaza ou Mickaël Vendetta. 

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