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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 20:57

La vie d’Adèle

Jésus est amour. Dieu est pardon. Et le jugement dernier saura mesurer les âmes. Celle d’Abdellatif Kechiche pèsera sans doute le poids de la grossièreté mal équarrie d’une carcasse de porc pendue à un crochet de boucher.  angelique-et-le-sultan-01-g

L’adaptateur Kechiche, vague translateur d’une œuvre de bande dessinée, se voit décerner une palme d’or qui, si elle se trouvait entre nos mains, servirait à fouetter bien vertement la croupe bouffie d’orgueil de celui qui, tout enduit de vantardise, se présente comme un créateur, alors qu’il n’est qu’un simple exécutant (un « exé », dit-on dans le milieu des graphistes.


L’imposteur connait, au fond du puits répugnant qui lui sert de conscience, la mesure de son forfait. Ainsi, depuis deux ans, n’a-t-il pas répondu aux nombreux messages laissés par Julie Maroh, l’auteur du Bleu est une couleur chaude, afin que cette petite greluche avaleuse de glaires ne vienne pas lui voler la vedette au moment opportun. Ainsi, lorsqu’il reçoit son prix, ne daigne-t-il pas citer l’auteur, ni même la recevoir alors qu’elle a fait le déplacement jusqu’à Cannes pour l’occasion. Dieu qui voit tout l’aurait même entendu dire : « Julie Maroh ? Jamais entendu parler ».


gay-pride-parade.jpg Abdellatif l’imposteur, à n’en pas douter, est doublé d’un arriviste. Le mariage gay, que Meaculpa ne saurait que défendre en ce sens qu’il ne produira rien que des enfants déséquilibrés propres à donner des artistes mal dans leur peau, et ainsi, de nouveaux ouvrages à étriller dans nos colonnes, le mariage gay, donc, tombe dans le calendrier de Kechiche comme une miraculeuse coïncidence.


Le ciel nous est témoin : les coïncidences en ce bas monde n’existent pas. Sans doute Kechiche a-t-il, dès 2011, étudié le programme électoral de François Hollande, ce rond petit pâté besognant le vide. Sans doute en a-t-il conclu que certains thèmes, plus que d’autres, lui offriraient l’opportunité d’être considéré comme un artiste visionnaire. La mise à disposition gratuite des terrains de l’Etat pour les collectivités locales ? Nul pour les scènes de cul. Le remplacement de la loi Hadopi ? Encore plus nul pour les scènes de cul. Ouvrir le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels ? Haaa… voilà matière à faire passer du cul pour du progrès ! Et comment mieux aborder le sujet qu’en pompant l’histoire vraie d’une vraie lesbienne, afin d’accréditer le film s’il advenait quelque critique sur son manque de vraisemblance ? Ainsi, l’œuvre de Maroh met en scène deux filles banales dont le mauvais goût — se teindre bilalement les cheveux en bleu — tient lieu de seule originalité. Ni laides, ni moches, elles pourraient être toutes les filles du monde. Mais Kechiche ne l’entend pas de cette oreille. Ses filles à lui ne peuvent qu’être forcément belles, sans cela on pourrait le taxer de tomber dans le cliché des lesbiennes épaisses et carrées, des camionneuses en marcel puant le graillon. Ainsi, à trop craindre de tomber dans des lieux communs, Kechiche se retrouve à côté de la plaque. Et l’on peut dire, sans craindre de se tromper, qu’il n’a absolument rien compris de l’homosexualité. De sorte que ce film est, pour ceux qui pratiquent le sexe entre semblables, une mauvaise farce.


Ho, bien sûr, il y a de belles images, comme il y en a dans la série Martine. Les belles images sont là pour faire diversion. On ne pourra pas dire que ça n’est pas un joli film. On ne pourra pas dire qu’il n’y a pas de belles séquences. Et c’est comme si l’on pardonnait tout aux jolies femmes, même d’être sottes, même de n’avoir rien compris, justement parce qu’elles sont belles car c’est tout ce qu’on leur demande.


4300 Avec l’élégance que Kechiche n’a pas eu envers elle, Maroh dit n’éprouver à l’égard du traître aucune sorte de ressentiment. Nous le faisons à sa place, pour lui rendre justice. Ainsi, sur la page Wikipedia du cinéaste, il est écrit : « Le cinéma de Kechiche, humble et sans fard, se conçoit comme une série de fables humanistes, redonnant la parole aux petites gens qui en sont généralement privées ». Nous l’invitons à prendre pour sujet de son prochain film les conditions de travail des techniciens de l’audiovisuel, qu’il connaît assez pour n’avoir pas à pomper son scénario dans la littérature ou dans la bande dessinée. 

 

Frère Jacques

 

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

http://www.amazon.fr/bleu-est-une-couleur-chaude/dp/272346783X

http://www.juliemaroh.com/


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commentaires

moustache 30/05/2013 11:17

article très drôle et féroce, mais pensez que Maroh va toucher certainement de l'argent, assez pour s'acheter une boîte de feutres (elle a bousillé son stylo bleu)...

capital23 30/05/2013 10:31

Mea culpa rétablit la justice et ça fait du bien à lire, parce que oui, y a pas que les éditeurs/boîtes de prod qui se comporte mal, il y a aussi des artistes, et parce qu'ils sont des artistes, on
doit tout leur passer, il ont une excuse : il font de l'art, ha bravo, j'applaudit des deux pieds. la fin justifie les moyens, c'est pas joli joli cette histoire...