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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 08:55

Image-1-copie-3.pngNon, meaculpa n’est pas seul à prêcher dans le désert. D’autres, avec plus ou moins de talent, reprennent la noble bannière des causes perdues, menant une croisade désespérée contre l’avènement de la Bête à mille têtes, le démon grimaçant de la duplication.

Dans une lettre ouverte qui lui tient lieu de tribune, Nicolas Gary, directeur de publication et gérant du site ActuaLitté, se désole de l’abominable sort réservé par la Marsu Prod, à l’œuvre du décédé Franquin.

« Cher André, écrit Nicolas Gary, j'espère qu'au paradis des auteurs BD, t'as trouvé de bons copains, et surtout que tu ne jettes jamais un oeil pour voir ce qui est fait de ton oeuvre. »

Nous rectifions : l’enfer des auteurs BD. Il faut avoir commis des crimes épouvantables pour que le Grand Ordinateur choisisse de faire pleurer les morts en imposant à leurs œuvres une si funeste destinée. Franquin, de son vivant, ne peut qu’avoir beaucoup péché sans jamais se repentir, pour mériter pareil châtiment. Plus vives sont les fautes, plus lourde est la damnation.

marsupilami_120_bd_def.jpgDe sa prison éthérée, l’âme tourmentée du pauvre Franquin assiste, jour après jour, aux diableries de la Marsu Prod. Accroupie sur les charognes entassées du grand dadais sans cerveau et du méchant marsupial, cette mante religieuse s’y accouple quotidiennement en pondant mille larves répugnantes et en puisant son odieux repas dans les chairs perfusées de ces corps en mort clinique.

Las ! Les quelques commentaires laissés en réponse à cette lettre ouverte nous font désespérer du genre humain. Un certain Ralph (Satan reconnaîtra les siens) ose éructer son sophisme imbécile : « Marsu Prod ne produit pas des armes à l’effigie de Gaston, après tout ». Non, bien sûr, il n’y a pas mort d’homme. Lors de son audition, l’autrichien Joseph Fritzl, qui a séquestré et violé sa fille dès l’âge de 11 ans et pendant un quart de siècle, lui imposant 7 grossesses, n’a-t-il pas dit, lui aussi, qu’il n’avait « tué personne » ?

housse-de-couette-marsupilami-in-the-sky-avec-taie.jpgLe Mal, partout, pullule et prospère. Cela lui est rendu possible grâce à des individus tels que Ralph. Et si Nicolas Gary a gravi, par sa lettre ouverte, l’une des innombrables marches qui conduisent à la félicité, Ralph, quant à lui, se rapproche dangereusement de la fournaise.

Et qui réside, au fond de la fournaise ? Notre pauvre Franquin, terrorisé plus encore à l’idée de passer l’éternité en compagnie de Ralph, qui, à n’en pas douter, lui montrera sa collection de porte-clés, de badges, de tee-shirts et de caleçons à l’effigie de son œuvre, pour les siècles des siècles.

Amen.

 

Frère des ours

 

ActuaLitté

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:23

Dans son Petit Livre bleu, Antoine Buéno donnait, en juin dernier, son analyse toute personnelle et fort documentée, à la fois sérieuse « mais ludique » des Schtroumpfs : « un archétype d’utopie totalitaire emprunt de nazisme et de stalinisme ».

 

Image-1-copie-1.pngTout de suite, les grands mots. Tout de suite, les recettes faciles qui font sortir de leur amanite tue mouches tous les amateurs de boudin bleu à bonnet phrygien, tous les partisans du moindre effort sur tablette lumineuse, tous les défenseurs de cette langue si riche en vocabulaire qu’est le Schtroumpf, tous les fans de l’hymne officiel de cette fière nation à côté duquel Rouget de l’Isle fait figure de bouffon décérébré, ce magistral « la la laschtroumpflala la la laschtroumpflala » qu’il faudrait tout de go imposer aux footballeurs en remplacement de l’immonde et sanguinolente pâte à cul qu’est la Marseillaise.

Cette bête façon qu’a Antoine Buéno de faire des parallèles avec des sujets qui ne partagent aucun point d’intersection... Cette mauvaise habitude de faire des rapprochements entre les parties intimes de la petite et de la grande Histoire...

Si Antoine Buéno se trompe, comme semble le penser la masse hurlante, qu’est-ce donc alors que le sens caché de cette ignoble société de petits cadavres exaspérants, ces paupiettes faisandées vêtues et vivant comme les adeptes d’une secte patchouli végétalienne mangeuse d’orties ?

 

Penchons-nous sur celui qui, dans le corps creux d’un champignon hautement toxique, joue au petit alchimiste pendant que d’autres se font joyeusement  — et à longueur de temps —péter des cadeaux au visage comme si, du haut de leurs cent ans d’existence, ils ne tiraient jamais de conclusion de leurs mésaventures.

Donc, le grand Schtroumpf. Ce gourou à grosses fesses boudiné dans un collant ourdit, il y a bien longtemps, un abject projet. Moqué dans son village natal en raison de sa toute petite queue — un Schtroumpf normalement constitué dispose d’un membre d’un tout autre calibre —, il s’enfuit en emportant son balluchon de rancoeurs et d’aigreurs d’estomac.

Il trouva, dans les profondeurs d’une forêt maudite, un lieu assez retiré pour soustraire au reste du monde l’abominable résultat de ses expérimentations. Et il se mit au travail. Durant quatre siècles, ce David Copperfield miniature explora les secrets de la métaphysique et de la transcendance, les arcanes des sciences dures, des sciences molles, des sciences rugueuses et tant d’autres disciplines. Dans un seul but : faire un grand bras d’honneur à la nature en se clonant à l’infini.

 

Image-2-copie-1.pngHélas ! Il ne créa qu’une communauté de photocopies monomaniaques, une confrérie dégénérée de copier-coller ne se démarquant les uns des autres que par l’outrance d’un trait de caractère, un narcisse, un paresseux, un joyeux, un grognon, toute une clique bas du front d’handicapés de la personnalité, entretenue dans sa sottise par les fables — les Schtroumpfs sont déposés par une cigogne ! — d’un apprenti sorcier coincé au milieux de ses brouillons et de ses expériences ratées.

Voilà donc le sens caché de cette série franco-belge visionnaire, qui, depuis 40 ans, nous alerte sur le plus grand danger de notre temps : celui d’être envahi par des répliques abâtardies de crétins congénitaux à la personnalité aussi réduite qu'une excroissance atrophiée de siamois hydrocéphale, enfermées dans des lieux clos et obéissant à d'absurdes consignes, vous l'avez deviné, tous ces clones mono-tâche de la schtroumpf-réalité.

 

Frère des ours

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 22:57

Le 18 septembre 2011, Michel Serres déclarait à France info : « Astérix est un éloge du fascisme et du nazisme, il est violent, drogué et hostile à la culture ».

2009_01_28_asterix_uderzo_bagarre_inside.jpg

Nous pourrions rajouter : Astérix ? Ce nabot bande mou et sans personnalité, qui ne doit son éternel salut qu’à un deus ex machina contenu dans une bourse de substitution, ce salvateur aphrodisiaque qui tire notre héros de petite taille de tous les mauvais pas, grâce à l’imagination sans bornes de deux dolmens mal dégrossis de l’âge de pierre de la BD franco-belge. Astérix ? Une sorte de tintin gaulois à fausse moustache flanqué d’un cabot sodomite et d’un obèse consanguin à la bête allure de culbuto. Astérix ? Aucune femme normalement constituée ne pourrait envisager la perspective d’un échange de fluides intimes avec ce petit bonhomme obsédé par les mollets enrubannés de la soldatesque romaine, toujours partant pour des aventures jobardes nappées de vinasse et de sangliers engloutis en rotant.

A la rédaction de France info, des auditeurs furibards sont monté au créneau contre l’iconoclaste. Et depuis, de bêtes blogs BD et d'autres médias confits dans le sérieux volent au secours de la malicieuse demi-portion agitant ses petits poings roses contre l'envahisseur. Quoi ? On touche à nos chères gauloiseries ? Notre patrimoine culturel est soudain compromis ? Las. C’est donc cela, la France. Un petit village de beaufs qui le matin se dispute à coup de merlan, de cabillaud et de congre et le soir, vomit son trop-plein de viande sur les tables grossières d’un banquet charcutier.

 

                                     7av2


Notre prudent Michel Serres a revisité son jugement, estimant que les termes « nazis et fascistes ont été trop forts », ils ont « dépassé » sa pensée. Il conclut par une séance de rattrapage : « j’ai fait une seconde faute contre l’humour ». Quel dommage que Michel Serres n'ai pas eu de potion magique. Il aurait pu casser la gueule à pas mal de Gaulois.

 

Frère des ours

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