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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 18:06
Angousperme 2016

De l’Houmeau jusqu’à la préfecture, des méandres de la Charente jusqu’aux confluences de la Touvre, du bassin aquitain jusqu’aux confins du Poitou, il règne sur le pays angoumois une persistante odeur de sperme.

Depuis l’annonce de la sélection officielle du grand prix 2016 du festival d’Angoulême, se déverse en une marée blanche et âcre un déluge gluant d’une pâle compotée, de laquelle personne n’arrive à s’extraire, ni hommes ni bêtes, confits dans une douche froide et blême qui commence par endroit à cailler.

Cela sent jusqu’à Paris, et certains commencent à s’en inquiéter, car l’odeur incommode. Déjà, l’on demande des comptes au festival, décidément un peu trop amateur de cet insipide nectar. Avec la vigueur d’une demi-molle, les membres veineux du jury se défendent d’avoir choisi uniquement des petits mâles, pour la compétition officielle. Selon le délégué général du festival, les auteurs sont sélectionnés pour « l’ensemble de leur œuvre ».

L’ensemble ? Que veut donc dire : l’ensemble ? Un raccourci s’impose, que nous prenons tout de go : l’ensemble signifie bien évidemment la taille. Chacun sait à quel point, dans les vestiaires empestés des salles de sport, nos congénères masculins aiment à mesurer leurs appendices anecdotiques. Il en va de même avec le festival d’Angoulême : ici encore, c’est la taille qui compte.

Nous attendons dès lors avec impatience les modalités de sélection du Grand Prix. Le jury va-t-il se munir d’un double… heu… simple décimètre pour déterminer le gagnant ? Va-t-il tester par lui-même la vigueur des œuvres turgescentes, en s’enfilant l’intégralité de leurs BD comme on encule un taille-crayon ? Vont-ils choisir le penis kikoulol de Riad Sattouf, le godiveau badin de Joan Sfar, l’austère (et un peu chiant) braquemard de Davodeau ?

He non ! Ces derniers se sont « retirés à temps », dans un tonitruant coïtus interruptus. Ces fayots de service ont saisi l’opportunité de faire parler d’eux en se désistant de la sélection pour laisser la place à ces dames, comme on tient la porte à une jolie demoiselle pour mieux lui mater le cul. Faut-il les remercier ? Non assurément.

Sans doute le jury considère-t-il les femmes comme des objets de complaisance tout juste bons à sucer ces messieurs les artistes. Sans doute le jury estime-t-il qu’un artiste n’a de valeur qu’au regard de sa « Kross Brodukzion Her General ! ».

Si c’est la taille qui compte, que n’a-t-il décerné tout de go son petit trophée informe de chaton hébété à la masse anonyme des laborieux auteurs de Super Picsou ou à ceux qui ont tiré la langue pour étirer 1600 mètres d’une BD sans queue ni tête sous le tunnel de la Croix-Rousse, afin d’entrer au Guiness des Records ?

Nous avons hâte de connaître le grand gagnant d’Angousperme 2016, et le mettons au défi de nous dévoiler son engin, lors de la cérémonie de clôture. Quant au jury, il peut remonter sa culotte et aller chougner au coin : maman a donné la fessée. Ou plutôt : la bifle.

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Published by meaculpa
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commentaires

le soja 24/01/2016 22:31

Grand Dieu, je meurs.