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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 14:36




Capture d’écran 2013-07-15 à 15.32.16
Il est un arbre toxique aux fruits puants, un arbre mimant le grand pommier du savoir divin et de la connaissance céleste, et qui n’en est que la blême ombre portée : Internet. C’est là que les auteurs qui n’ont pas encore gagné la confiance des éditeurs viennent fourbir leurs premières armes. C’est là que ceux qui l’ont entièrement gâchée reviennent lamentablement y échouer. Car toujours, un auteur tente par tous les moyens d’exister, quel que soit le support. Et s’il advenait qu’on propose aux plus désespérés de composer leurs BD sur du papier cul, certains signeraient sans l’ombre d’une hésitation.


Orangina-rouge.jpg

 

C’est le cas de Florence Dupré la Tour. Depuis bientôt deux ans, son avatar Cigish — aurait-elle des problèmes d’élocution pour se choisir un pseudo si salivaire — assomme le pauvre internaute de ses non-aventures engluées de questions existentielles lambda organisées sous la forme d’un pseudo-jeu de rôle, où une vague fiche de personnage tient lieu d’excuse aux plus basses ignominies. Ce héros sans consistance, le visage grimaçant exaspéré de tics, n’est qu’une laborieuse variation sur le thème de la méchanceté, comme en son temps une bouteille de soda munie d’une tronçonneuse agressait des vacanciers en hurlant : PARCEQUEEEEE !!!!!


Si Cigish est méchant, Dupré la Tour est lâche. Ainsi se cache-t-elle derrière ce masque grotesque, se frottant les mains de son petit subterfuge, ricanant au coin de chacune de ses cases et agitant au nez de ceux qui pourraient s’en plaindre les caractéristiques de son personnage — un vil domestique du Mal — qu’elle serait obligée de jouer pour les besoins d’une œuvre. Pour les besoins d’une œuvre. Le seul besoin d’une œuvre est d’arriver à se débarrasser de l’encombrant artiste qu’elle a dû traverser — en passant par d’infectes orifices — pour parvenir jusqu’à nous.


Capture-d-ecran-2013-07-15-a-15.30.57.pngMais dans le cas de Cigish, peut-on parler véritablement d’œuvre ? Si à Meaculpa, nous avons tendance à fouetter le sang des consciences égarées, nous savons aussi reconnaître la grandeur là où elle se trouve. Avouons-le. Il y a, sur le blog de Cigish, une part grandiose et remarquable, une dimension sublime : ce sont les commentaires. Tout l’intérêt de cet espace virtuel réside dans la lecture édifiante de tant d’avis débilitants.

Est-ce suffisant pour sauver tout le reste ? Malheureusement non. Car l’orgueil du petit chancre grimaçant Cigish est à la mesure du trou béant qui lui sert de talent : sans limites et sans fond. Le domestique du Mal s’est trouvé une cour, des adeptes, il peut enfin briller en astiquant ses vides personnels devant ses admirateurs. L'exposition de ses soubresauts intérieurs entretient quelque rapport avec la pornographie, de sorte que Dupré la Tour aurait mieux fait de s'appeler Du Poil Autour, afin d'apporter de la cohérence à sa stratégie marketing.


Poussant la logique de son personnage jusqu’au bout, Du Poil Autour va jusqu’à nous imposer un dessin si malhabile et si laid qu’il semble n’être fait que pour se moquer du monde. La question essentielle que pose cette démarche n’est pas la quête inepte d’une personnalité inexistante, mais plutôt : s’il est entendu qu’un auteur peut stagner dans la flaque de boue qui lui tient lieu de miroir, peut-il à ce point régresser un stade aussi basique ?


greystoke4Bien. Mal. Noir. Blanc. Gentil. Méchant. Haut. Bas. Dieu. Diable. Gauche. Droite. C’est sur le mode binaire que fonctionne ce récit microscopique. L’apprentissage de la vie est avant tout un apprentissage de la nuance. N’apprend-on pas, depuis la maternelle jusque dans des écoles d’art hors de prix menant à des métiers ingrats, à parfaire son coloriage ?

En ce domaine, Du Poil Autour semble n’avoir jamais utilisé que deux crayons. Elle oscille entre la gentillesse et la méchanceté, comme un métronome battant la mesure d’une laborieuse composition musicale. C’est là le signe d’une grande immaturité que d’utiliser de puissants contrastes pour masquer la faiblesse du contenu. Moi, méchant. Toi, gentil. Moi Tarzan. Toi, Jane. OOOoooolioliooooooliolioooOOOO.

 

Lorsqu’on décide d’exister sur le web, se pose forcément la question des concurrents. Dans le cas de Du Poil Autour, ce sont les blogs girly. L’on fait aux blogs de filles un très mauvais procès. Les contenus en seraient niais et superficiels, peuplés de petites créatures sottes confrontées à d’épineux problèmes de talons. Ils le sont assurément. Il n’y a qu’à lire les commentaires donnés sur actuabd par la masse anonyme pour comprendre à quel point ces blogs sont haïs. Ils sont haïs… car ils ne font de mal à personne.


8f91955298d80a0d7724ec2962dd9f3dplayer.jpgA l’inverse, le blog de Florence Du Poil Autour entend faire du mal à tout le monde, et c’est l’humain qui singe le diable qui n’est qu’une caricature de Dieu. Entre un blog girly sur les cup-cakes et celui de Cigish électrocuté de vaines gesticulations, si l’intention diffère, le résultat est identique : se faire détester par ses pairs. En ce sens, on peut dire que Du Poil Autour tient, elle aussi, un blog de fille. Ses efforts désespérés pour éviter d’entrer dans cette catégorie n’y font rien. S’enlaidir au point de ne plus ressembler à rien qu’à une petite momie de travelo ? Blog de fille. Opter pour du noir et blanc afin d’accréditer le contenu par le sérieux un peu chiant d’une bichromie qui se la pète ? Blog de fille. Se lancer éperdument dans cette aventure vouée d’avance à l’échec qu’est la quête de soi en intégrant des religiosités précieuses et des paranoïas imaginaires ? Blog de fille. Faire s’accoupler le réel et la fiction en mode bondage, comme l’ont fait depuis bientôt cent ans tous les adeptes du Nouveau Roman ? Blog de fille ! Blog de fille ! limousine-mariage-hummer-h2.jpgA tant vouloir s’extraire de ce modèle, Du Poil Autour ne fait rien que le mimer bêtement, en produisant une bien vilaine petite chose aboyante mais somme toute assez inoffensive, comme un roquet de mémère qui se prendrait pour Wolverine. Un bidet, pour les chutes du Niagara. Une Fiat Punto, pour une limousine Hummer. Un anonyme du web, pour un immense auteur.


Capture d’écran 2013-07-15 à 15.31.39On ne s’improvise pas méchant comme on s’improvise dessinateur. Du Poil Autour voudrait bien jouer le mal, mais rien d’atroce ni de vraiment cruel ne vient choquer le petit lecteur. Il n’y a que le récit d’une petitesse formant un insignifiant récit. Nous le proclamons : en choisissant le Mal, Cigish se trompe de camp. Notre expérience du démon rampant partout comme une peste noire nous fait dire : Cigish ! Petit joueur ! Que n’as-tu motivé chacune de tes actions par la poursuite du bonheur de tes semblables ? Que n’as-tu répandu autour de toi la gentillesse, le pardon, l’abnégation et le partage ? Que n’as-tu été bonne, charitable et humble ? Tu serais bien mieux parvenue à tes fins ! Car on sait de quoi sont faites les innombrables routes qui mènent droit aux enfers : elles sont pavées de bonnes intentions.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 20:57

La vie d’Adèle

Jésus est amour. Dieu est pardon. Et le jugement dernier saura mesurer les âmes. Celle d’Abdellatif Kechiche pèsera sans doute le poids de la grossièreté mal équarrie d’une carcasse de porc pendue à un crochet de boucher.  angelique-et-le-sultan-01-g

L’adaptateur Kechiche, vague translateur d’une œuvre de bande dessinée, se voit décerner une palme d’or qui, si elle se trouvait entre nos mains, servirait à fouetter bien vertement la croupe bouffie d’orgueil de celui qui, tout enduit de vantardise, se présente comme un créateur, alors qu’il n’est qu’un simple exécutant (un « exé », dit-on dans le milieu des graphistes.


L’imposteur connait, au fond du puits répugnant qui lui sert de conscience, la mesure de son forfait. Ainsi, depuis deux ans, n’a-t-il pas répondu aux nombreux messages laissés par Julie Maroh, l’auteur du Bleu est une couleur chaude, afin que cette petite greluche avaleuse de glaires ne vienne pas lui voler la vedette au moment opportun. Ainsi, lorsqu’il reçoit son prix, ne daigne-t-il pas citer l’auteur, ni même la recevoir alors qu’elle a fait le déplacement jusqu’à Cannes pour l’occasion. Dieu qui voit tout l’aurait même entendu dire : « Julie Maroh ? Jamais entendu parler ».


gay-pride-parade.jpg Abdellatif l’imposteur, à n’en pas douter, est doublé d’un arriviste. Le mariage gay, que Meaculpa ne saurait que défendre en ce sens qu’il ne produira rien que des enfants déséquilibrés propres à donner des artistes mal dans leur peau, et ainsi, de nouveaux ouvrages à étriller dans nos colonnes, le mariage gay, donc, tombe dans le calendrier de Kechiche comme une miraculeuse coïncidence.


Le ciel nous est témoin : les coïncidences en ce bas monde n’existent pas. Sans doute Kechiche a-t-il, dès 2011, étudié le programme électoral de François Hollande, ce rond petit pâté besognant le vide. Sans doute en a-t-il conclu que certains thèmes, plus que d’autres, lui offriraient l’opportunité d’être considéré comme un artiste visionnaire. La mise à disposition gratuite des terrains de l’Etat pour les collectivités locales ? Nul pour les scènes de cul. Le remplacement de la loi Hadopi ? Encore plus nul pour les scènes de cul. Ouvrir le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels ? Haaa… voilà matière à faire passer du cul pour du progrès ! Et comment mieux aborder le sujet qu’en pompant l’histoire vraie d’une vraie lesbienne, afin d’accréditer le film s’il advenait quelque critique sur son manque de vraisemblance ? Ainsi, l’œuvre de Maroh met en scène deux filles banales dont le mauvais goût — se teindre bilalement les cheveux en bleu — tient lieu de seule originalité. Ni laides, ni moches, elles pourraient être toutes les filles du monde. Mais Kechiche ne l’entend pas de cette oreille. Ses filles à lui ne peuvent qu’être forcément belles, sans cela on pourrait le taxer de tomber dans le cliché des lesbiennes épaisses et carrées, des camionneuses en marcel puant le graillon. Ainsi, à trop craindre de tomber dans des lieux communs, Kechiche se retrouve à côté de la plaque. Et l’on peut dire, sans craindre de se tromper, qu’il n’a absolument rien compris de l’homosexualité. De sorte que ce film est, pour ceux qui pratiquent le sexe entre semblables, une mauvaise farce.


Ho, bien sûr, il y a de belles images, comme il y en a dans la série Martine. Les belles images sont là pour faire diversion. On ne pourra pas dire que ça n’est pas un joli film. On ne pourra pas dire qu’il n’y a pas de belles séquences. Et c’est comme si l’on pardonnait tout aux jolies femmes, même d’être sottes, même de n’avoir rien compris, justement parce qu’elles sont belles car c’est tout ce qu’on leur demande.


4300 Avec l’élégance que Kechiche n’a pas eu envers elle, Maroh dit n’éprouver à l’égard du traître aucune sorte de ressentiment. Nous le faisons à sa place, pour lui rendre justice. Ainsi, sur la page Wikipedia du cinéaste, il est écrit : « Le cinéma de Kechiche, humble et sans fard, se conçoit comme une série de fables humanistes, redonnant la parole aux petites gens qui en sont généralement privées ». Nous l’invitons à prendre pour sujet de son prochain film les conditions de travail des techniciens de l’audiovisuel, qu’il connaît assez pour n’avoir pas à pomper son scénario dans la littérature ou dans la bande dessinée. 

 

Frère Jacques

 

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

http://www.amazon.fr/bleu-est-une-couleur-chaude/dp/272346783X

http://www.juliemaroh.com/


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 10:54

Bilal-fantomes-louvre-02-713x1024Le musée du Louvre donne, à cette heure, une exhibition de la plus abjecte nature. D’incestueux palimpsestes forment une pornographie d’œuvres non consentantes, et pour ainsi dire, violées sous l’œil ébaubi du touriste nippon (dont on connaît les goûts abscons en matière de coït).

 

L’auteur du crime a commis, à vingt-trois reprises, l’odieux accouplement d’un mort avec un mort-vivant. Certains tribunaux complaisants jugeraient Enki Bilal — car c’est là le nom du monstre — pénalement irresponsable, tant il a tenu, avant de s’adonner à ses actes immondes, des propos extravagants. Ainsi, sa démarche aurait été guidée, lors de ses visites dans le musée désert, par les « voix » de « fantômes », qui lui auraient « raconté » leur histoire.

 

L’au-delà a parlé ! Bilal est son intercesseur ! Des âmes tourmentées stationneraient donc autour des grands tableaux sévères et des statues amorphes, en quête d’un dessinateur de caricatures qui accepte de leur tirer le portrait (hier, dans les allées d’Auchan, frère des ours n’a-t-il pas cru voir le visage de Jésus dans un paquet de Golden Gram’s ?).

 

exposprayAinsi, Bilal a-t-il pris les clichés de 400 œuvres du Louvre, en a sélectionné 23, les a faits imprimer pour les recouvrir des portraits cadavériques de spectres imaginaires, semblables aux clones des Chti à Ibiza, désespérés de n’avoir pas pu voir Céline Dion en concert à la salle omnisports de Béthune malgré dix-huit heures de camping devant le guichet pris d’assaut.

A la manière d’un tueur en série enfermé dans son mode opératoire, Bilal peint par-dessus les clichés d’œuvres antiques, à la missionnaire, ses portraits blafards à la peau malade dont l’expression obstinément monochrome révèle le côté sociopathe de son auteur.

masque-fantome-adulte.jpg


Bilal entend des voix. Celles de fantômes de personnages morts tragiquement. Mais si cet homme est doué de tant d’étonnantes capacités, pourquoi n’entend-il pas les âmes damnées de Goya, du Greco, de Rembrandt clamer au viol, du fond des vieux caveaux ? Ne les entend-il pas hurler, furieux de voir leurs œuvres se faire besogner par ses cadavres, se faire posséder sans pourvoir les défendre ? Ne perçoit-il pas leur rage impuissante, à voir sculptures et grandes toiles de maître ne devenir que les arrières plans, les décors, les papiers peints d’un coloriage morbide ? 

 


Que dirait Enki Bilal si, dans ce futur post apocalyptique qu’il lui plait tant de dépeindre, ses planches exposées dans des exo-musées étaient ainsi soumises à « interprétation » par des auteurs contemporains, invités à polluer son univers d’ectoplasmes de Titeuf, Kid Paddle, Iznogoud ou Garfield ? Ne se retournerait-il pas dans sa crypto-tombe, et n’articulerait-il pas de ses lèvres injectées de rage et de bio-sang : salauds ! Bande de salauds !


msxt84tk.jpgIl est une règle d’or que notre congrégation aime à enseigner : n’inflige pas à autrui ce que tu ne veux pas subir. Ainsi, nous prions pour que Enki Bilal fasse des progrès en matière d’amour de son prochain, en commençant par ses prédécesseurs. Car qui sait ce que lui réservent les prochaines dégénérations d’auteurs… 

 

Frère Jacques

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 22:14

 

Parfois, l’on se prend à aimer une forme, comme on aime, par exemple, un morceau de musique composé en anglais dont on ne comprend pas un mot, mais dont la mélodie reste dans la tête. Cette forme nous émeut, nous touche et nous ravit. Puis l’on fait des progrès dans les langues à la faveur d’une année Erasmus et soudain, le sens abominé de ces si douces compositions nous rejaillit au visage, comme une douche de sperme non sollicitée.

 

Ainsi Bastien Vivès, chantre des jeunes filles en fleur, nous livre à travers son œuvre et comme chaque auteur certes un portrait de lui même que beaucoup de lecteurs (trices) ne font qu'effleurer, ravis, béats, hypnotisés par les tours de cet habile illusionniste.kaa_mowgli.jpg

Mais derrière la cape, au fond de la manche, dans le chapeau qu'y a-t-il ?

Un bouquet, une carte, un lapin albinos ?

Bastien Vivès nous livre, sans le savoir, un secret.

Un aveu.

Un mode opératoire.

Une signature.

Derrière la cape, au fond de la manche, dans le chapeau, on trouve une scie, des menottes, un couteau.

 

 

 

Le garçon, sans doute, l’ignore. Les grands sociopathes ne se révèlent qu’aux alentours de la trentaine, c’est une statistique que la Criminelle ne contestera pas. L’âge de Jésus lors du saint sacrifice, aussi. Mais dans un autre registre.

Couchant des formes délicates aux personnalités inexistantes, des poupées gonflables décérébrées, de belles idiotes altières pétries des intransigeances que confère la beauté, il serait facile de jeter sur Vivès son manque d'expérience, de maturité, de vécu, afin de donner une quelquonque raison, une excuse à ses personnages en plastique aux profondeurs d'âme d'une Barbie ou d'un Ken.

Non, ça n'est pas cela.

Incapable de ressentir les émotions humaines, Bastien Vivès, inapte à éprouver une quelconque empathie, se contente de les singer.

 

On s'imagine à tort (et c'est là le grand art de l'auteur), que Vivès prend du plaisir à dessiner ses personnages. Car plaisir il y a, indéniable, dans ce dessin froid et virtuose, gracieux et glacial, et deux œuvres récentes du prodige en culottes marquent un changement (une rupture psychotique ?), un mouvement de l'individu vers ses réelles et profondes aspirations : la torture.

 

Regardons la couverture de cet ouvrage pervers qu’est Polina.

 

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Une petite fille se fait modeler par un démiurge aveugle et muet, maintenue dans une position bondage (mais sans les accessoires) pour le plaisir du sado-masochiste sommeillant en chacun de ceux qui, en contemplant cette image, ont secrètement joui.

Pauvre Polina qui écarte les jambes, tourmentée par l'auteur, qui lui inflige page après page l'atroce calvaire d'une discipline proche du supplice, la danse classique, laissant à croire aux badauds ébahis qu'il n'est alors question que de dépassement de soi.

 

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Un gros petit garçon s'amusant à arracher les ailes d'une mouche n'en ferait pas autant.

Et alors, qu'est-ce que ce livre, Polina ? Pour jouir de leurs crimes, certains psychopathes filment leurs actes odieux, envoient des lettres aux familles, haranguent les médias.

Polina n'est que le témoignage narcissique d'un Ted Bundy qui se cherche.

 

 

Les Melons de la Colère sonne comme l'aveu d'un Marc Dutroux qui se trouve. Qui s'assume.

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Violant son pauvre personnage de jeune campagnarde un peu concon, lui faisant subir mille pénétrations humiliantes, Vivès est à son aise. En pleine décompensation psychotique, son art s'exprime alors pleinement.

Son Art.

Son Oeuvre.

Pas le dessin. Ni la BD.

Mais bien le crime. Le meurtre. Le sang. Le viol et la torture.

psychopath.jpg

Mais alors, que faire de ces productions intermédiaires (Dans mes yeux, Le goût du chlore, Elles), ses odes à la gloire de la beauté, de la jeunesse et de la femme désirée ?

Qu'on ne s'y laisse pas prendre: comme le bête fil rouge attirant la grenouille sans cervelle et toute en jambes : CE SONT DES LEURRES !

Ainsi l'odieux Vivès, non content de passages à l'acte sur des âmes virtuelles et imaginaires, attire par ses illusions de petit magicien de candides lectrices dans ses filets pervers.

Les voilà, ses véritables proies !

 

Mesdemoiselles, un psychopathe est parmi nous, Mea culpa en a dressé le profil.

 

L'analyse bio mécanique des gestes et des postures de ce louche individu ne trompe pas :

Ce grand corps mou, voûté par quelque oppression intérieure, et dont son habitant ne semble jamais savoir que faire — comment placer ce bras qui m’indispose ? Que faire de cette main qui ne veut point m’obéir ? Et ce cou, vaut-il mieux le tendre ou le rentrer ? —, ce sac de peau mal coupé qui baille aux emmanchures, n’est-ce pas le signe tangible d’une incompatibilité du fond avec la forme ? Bastien Vivès ne remplit pas son corps, comme il ne remplit pas ses livres. Pas encore, car nous laissons à la jeunesse le temps de s’achever. De, comme dirait Grisom dans les Experts, « monter en puissance ».

L'analyse comportementale de ce froid serpent puceau psychopathe qui twittait le 30 avril dernier « Mais y pas un moment où il devrait y avoir la guerre ? Enfin la vraie ! Celle qui fait qu'après, on baise à fond ! » (ses pulsions sexuelles ne s'assouvissent-elles donc que par le spectacle de la barbarie ?) ou qui avoue sans honte sa monomanie de collectionneur obsessionnel de figurines de dessins animés japonais des années 80 finit de nous éclairer sur l'individu.bastien-bis-copy.jpg

 

Mea Culpa tient à mettre en garde lecteurs, lectrices, collègues, collaborateurs, journalistes et coloristes : Bastien Vivès est là, en liberté, parmi nous. A défaut de savoir faire une série de tueur, il nous semble plus que probable qu'il soit... un tueur en série.

 

 

Sœur Sourire

 

 

http://www.lesrequinsmarteaux.org/article-le-dernier-livre-de-bastien-vives-aux-requins-martaux-86266011.html

http://livre.fnac.com/a3409611/Bastien-Vives-Polina

 

http://bastienvives.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 09:13

9782205067026_1_75.jpgJe profite d'un voyage de notre Très Révérend Père pour en finir avec les renégats, les abjurateurs, les Judas dont les traîtres baisers ne trompent personne.

 

Haaaa... c’était mieux, avant. Dans Pour en finir avec le cinéma, Blutch promène le lecteur dans une galerie de vieux films démodés qui, s’ils ont eu leur heure de gloire, ont aujourd’hui et pour beaucoup le goût de papier décomposé des albums de Sylvain et Sylvette.

Blutch, debout devant le charnier des acteurs disparus et des films décédés qui ont peuplé son enfance, chante l’oraison funèbre de ses illusions perdues. Oui, le cinéma grand genre des années 30, 40, 50 procure chez Blutch un mélange de sentiments contradictoires. La bande dessinée pleure ce grand frère adoré et haï, à qui tout a réussi : le cinéma d’Hollywood.

 

Il pleure et rage (et jubile), notre Blutch, dans cet hommage posthume à la gloire des héros du cinéma d’un siècle trépassé, il érige son propre monument aux morts, pompeux et ronflant, comme l’on en trouve sur toutes les places des 36 785 communes de notre beau pays la France. Il dresse un panthéon à la gloire des marionnettes, un mausolée en souvenir des apôtres des salles obscures, une nécropole abritant les restes pourris et les ossuaires grotesques et grimaçants de la grande famille des acteurs. Mais cette famille : ce n’est pas la sienne. De vagues cousins d’Amérique qui, fortune faite, ont vite oublié la vieille Europe avachie dans ses jérémiades de continent foutu. 

L’on se dit : « enfin ! ». Enfin, la bande dessinée prend de la hauteur, de la carrure, des épaulettes ! Enfin, un peu de sérieux, dans ce monde grotesque peuplé d’exaspérants personnages franco-belgo-comixo-mangako-héroïco-fatasoïdes. Enfin, l’on peut sans honte sortir son imagier dans les cafés parisiens, exposer son album à vignettes bien en vue sur ses étagères Gruntäg sans craindre les moqueries. Ce beau sentiment de fierté, nous le devons au grand, à l’immense, à l’inénarrable, à l’intouchable (aurait-il la lèpre ?) Blutch.

 

blutch-pour-en-finir-avec-le-cinema-M61785.jpgDans son imposant ouvrage que certains qualifient « d’essai graphique » (retenons qu’un essai est par définition, une lecture fastidieuse et assommante), Blutch fait la démonstration que la petite marchande de bulles n’a rien à envier au septième art, ce vieux monsieur bande-mou. La preuve : elle ne se cache plus pour annoncer la préméditation de son crime. La jeune fille a grandi, la voilà prête à renvoyer à ce vieux sale de cinéma la monnaie de sa pièce. Blutch sort la brosse à reluire, mais frotte avec une rage de forcené, la rage de s'être trompé d'époque, de pays, d'histoire, de métier. En piégeant d'immenses acteurs à ses côtés, dans son oeuvre, en les faisant jouer sa partition, son scénario, son film de papier, Blutch en finit avec le cinéma comme on règle des comptes après des années d'aigreur et de ressentiments, comme le petit frère envieux et aigri du grand Robin de Locksley, prince des voleurs. Ha Ha ! Tu as brillé ! Tu as pavané dans tes gloires ! Ton heure a sonné et c'est moi qui secoue la cloche !

Comme dirait soeur Sourire : on fait moins le malin.

 

Voilà donc une œuvre ambitieuse. Je veux dire, une ambition à l’œuvre. Car ne nous y trompons pas. L’on voit clair dans les projets secrets de Blutch. Tout cela est transparent. Se réclamer des morts, des vieux films démodés, de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, voilà les premières pierres d’une stratégie de changement de camp. Oui, Blutch opère ici un subtil retournement de veste. Cet ouvrage n’est pas un coup de poignard dans le dos d’un cadavre. Ce n'est pas un crachat lancé sur la pierre tombale d'un parent détesté. C’est une allégeance en forme de sauf-conduit, de laissez-passer vers l’Empire de la caméra.   

Blutch cite ses classiques comme on fait le tour de ses références, lors d’un entretien d’embauche. Il fait l’intelligent, le cultivé, l’esthète. Il y a du Godard, de l'Orson Wells, et ça réfléchit sec entre deux portraits de Burt Lacaster. Le flagorneur est assez malin pour dresser de lui un portrait peu flatteur. Et ça marche ! Les critiques de BD, mais aussi de cinéma, portent ce pensum aux nues. Blutch dit en finir ? C’est pour mieux commencer. Gageons que dans quelques mois, un an, deux peut-être, Blutch, qui a déjà effectué quelques missions d’Intérim, signera un CDI dans l’industrie du cinéma. Un film hommage sur la bande dessinée, peut-être ? L'adaptation de Sylvain et Sylvette ? 

 

Frère Jacques

 

http://www.dargaud.com

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 09:17

Image-1-copie-2.pngAvec Journal d’un journal, Mathieu Sapin joue les petits reporters en infiltrant les coulisses de la rédaction de Libé. L’on se dit : chouette ! Des révélations, des infos croustillantes, du ragot, des dessous peu reluisants, de la bonne vieille méthode de journaliste pour débusquer le scoop, de la chasse aux ronds-de-cuir affidés au grand capital et tout ce qui bout dans les chaudrons des arrière-cuisines médiatiques.

 

Résultat ? Mathieu Sapin se contente de poser, au fil des pages, des questions tellement stupides qu’on se demande s’il ne prend pas les journalistes pour des imbéciles : qu’est-ce que c’est ? Où sont les cabinets ? Je peux utiliser la photocopieuse ? Moi aussi, je vais avoir une accréditation ? Vous êtes sûr ? Quoi ? Comment ? Mais où et donc or ni car ? Voilà, en substance, le contenu des interventions de ce petit bonhomme fade et passe-partout censé incarner l’auteur, ce garçon si gentil qu’il en devient suspect, si affable qu’on se demande à quel moment il va se transformer en psychopathe. Car Mathieu Sapin, s’il transpire un peu lors des conf’ de rédac’, s’il sue aigre lorsqu’il croise quelques aspirants à la présidence de la République dans les couloirs à moquette du paquebot à moiti coulé qu’est Libé, Mathsap’ ne se mouille jamais vraiment. Pire : il ne prend aucun parti, ne choisissant ni d’ouvrir la brèche de la coque, ni de la colmater. Il ne fait qu’observer de ses yeux morts de caméra de surveillance le lent naufrage d’un galion de l’empire du Papier.

 

Image-3.pngL’ouvrage n’est pas sans rappeler ces stages de découverte de l’entreprise imposés à l’âge où l’on ne se préoccupe que de ses comédons et de son forfait SMS bloqué, cet âge où l’on ne communique que par des borborygmes ou des couinements, forts bien reproduits par d’ignobles smileys, cette grammaire pour handicapés mentaux, cette syntaxe des affects débridés. De sorte que l’on se croit dans un blog BD de fille version garçon, où le sujet semble plus sérieux qu’à l’accoutumée, mais où le vide sidéral tient lieu de principal propos.

Notre petit Mathieu ne nous rend donc pas une œuvre, mais bien un rapport de stage rédigé avec application par le premier de la classe, l’Agnan de la BD contemporaine, celui qui, lorsque les autres rentrent la tête dans les épaules pour ne point être interrogés, lève le doigt à s’en déboîter la clavicule en se dressant sur son siège, comme si son index allait jeter un rayon lumineux comme le ferait le vilain doigt de ce batracien d’ET.

Constellé de petites indications fléchées, de légendes rappelant une date clé de l’histoire de Libé, d’astérisques précisant des noms glorieux, citant des ouvrages à acheter d’urgence, le journal du petit Mathieu en culotte de velours s’apparente à une visite guidée organisée lors des journées européennes du Patrimoine, un laborieux tour du propriétaire dans des bâtiments fort laids, peuplés de journalistes lambda aux préoccupations basiques, tant et si bien que l’objet qui prend pompeusement le nom de « Journal d’un journal » aurait tout aussi bien pu s’appeler , « Rédaction d’une rédaction », « Quotidien d’un quotidien ».

 

Confions nos intentions de prière de ce jour à Mathieu Sapin, afin qu’il ne s’enferme point dans ces audioguides touristiques pour malentendants dans lesquels il s’est déjà par deux fois fourvoyé et à s’interroger sur les raisons psychanalytiques qui le poussent à toujours se présenter comme un garçonnet hydrocéphale, un gentil nabot gonflé à l’hélium, un poupon naïf de bientôt 40 ans au fond duquel, sans doute, se tapit quelque monstre hideux tenu en muselière — mais pour combien de temps encore — par une maîtresse d’école en chignon à épingles, une vieille fille en bas de contention, j’ai dit : la Politesse.

 

Mais... horreur ! Hideux atavisme qu'est l'instinct de reproduction ! A l'heure où Mea Culpa clôt sa recension, nous apprenons que Mathieu Sapin, dont le jugement est sans doute assombri par quelque mauvais conseiller, persévère dans l'erreur, le péché ou la bêtise — voire les trois — en lançant son "journal de campagne" (pauvre Georges Bernanos...), où il incarnera ce même petit reporter mal fagoté posant des questions de grande section de maternelle aux aspirants présidentiables déjà rencontrés dans les couloirs de Libé. Vivement l'Apocalypse, ça nous fera des vacances.

 

Frère Jacques

 

www.editions-delcourt.fr/special/journaldunjournal/

www.amazon.fr/Journal-dun-journal-Sapin/dp/2756027367

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:04

Image 1Si le « chef » Alain Passard a su torturer les légumes au point de les rendre mangeables, comme on violente la viande pour l’attendrir comme il est préconisé de le faire pour les épouses récalcitrantes, il est une cucurbitacée qu’il n’a jamais réussi à véritablement accommoder : le Blain.

 

Ce concombre à maturation lente, qui ne pousse qu’au plus fort des rigueurs de l’hiver dans ce département déserté par la culture qu’est la Charente, se mit à croître, par une aberration de la nature, dans la jardinière pleine de ficus masquant l’entrée des cabinets de l’Arpège, le restaurant du susnommé Alain Passard.

 

Pendant deux ans, Blain prit racines dans cette cambuse rutilante d’étoiles, car il lui faut de la lumière naturelle pour pousser correctement. Il demanda à boire — le concombre est composé à 99 % de liquide —, étala ses feuilles, fit de grosses fleurs jaunes : tout cela promettait une belle récolte et en cuisine, on se frottait les mains !

 

L’heure des moissons tardives sonna, le Blain fut prêt à être cueilli à la serpe d’or par les mains expertes du despote en tablier. Désespoir ! Le pied ne produisit qu’un salmigondis obséquieux à la gloire du chef, qu’un consommé de narcisses tournant autour d’une même soupière étoilée, qu’une ratatouille de propos plein de fibres équarris au gros couteau économe, qu’une macédoine maussade pas même rattrapée par un dessin pourtant virevoltant, qu’une compotée de courges nombrilistes qu’il fallut bien vite noyer dans le vinaigre pour masquer cette persistante odeur d’opportunisme qui s’en dégageait.

 

Image-2.pngRésultat : le bocal à cornichons qu’est le dernier ouvrage de Christophe Blain n’est pas sans rappeler ces salades d’endives au suprême de navet servies dans un Dîner presque parfait, ces laborieux gratins de chou-fleur nappés d’une béchamel fadasse post-éjaculatoire signés Cyril Lignac, ces grumeleux gruaux d’épeautre et de rutabaga de chez Masterchef et tant d’autres programmes originaux produits par des chaînes hardies animées par d’audacieux présentateurs et peuplées d’incroyables candidats. 

 

Dans un bel élan de correction fraternelle, Mea Culpa exhorte Christophe Blain à ne point ajouter à ses recettes ce vil ingrédient qu’est l’effet de mode, à ne pas compromettre l’élégance de son trait dans de la publicité déguisée, à cesser de vampiriser l’évanescent prestige de célébrités de niches culinaires ou politiques et à refuser à l’avenir tout projet de collaboration avec les versions trois étoiles de Maïté, Valérie Damidot, Stéphane Plaza ou Mickaël Vendetta. 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:13

 

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«Dans la création, j'aime avant tout me retrouver

dans des territoires inconnus»

 

Marc-Antoine Mathieu

 

 

Tu m'étonnes....

 

 

Marc-Antoine Mathieu, MAM pour les intimes, nous sert dans son nouvel opus conteptuelo intellectuel beaucoup plus qu'il ne le voudrait sans doute lui-même.

Il donne à suivre le trajet, sur trois secondes, d'un photon, particule lumineuse se déplaçant à la vitesse de 299 792 485 m/s, dans une succession de cases qui forment un tunnel sans fin, un zoom indiscontinu, un zoooooooooooom, (d'ailleurs, il est à noter que si la lumière rebondit, l'auteur ici ne rebondit pas avec elle, mais nous embarque dans la pénétration, par grossissements successifs, de reflets imbriqués en enfilade).

 

3_secondes_planche04-1024x1019.jpg                                

 

On crie des HO ! Des HA ! devant l'idée maligne, la «réinvention de la bande dessinée», le coup astucieux, la facture soignée, austère...adulte.

Oui, c'est de cela qu'il s'agit. 3'' est non seulement un livre «adulte», mais «pour adultes».

On ne peut qu'admirer l'acharnement dont fait preuve l'auteur afin de rendre son livre le plus sérieux possible: un sudatoire exercice de style digne d'une colle d' Hypokhâgne, un postulat scientifique aux arguments solides, une intrigue policière menée de main de maitre, le tout servi par un encrage glacial.

L'objet en résumé n'appelle qu'un adjectif: rigoureux.

 

Mais voilà. Voilà.

Le dessin, le découpage, comme tout fidèle ami, sont enclins à la trahison. Ils plantent un couteau dans le dos de leur maitre, qui se croyait lui, à l'abri dans sa grave armure bardée d'importances et faite de pompeuses justifications rationnelles, théoriques et savantes.

Car cette enfilade de cases fuligineuses dans lesquelles irrémédiablement l'on s'enfonce ne laisse, après lecture qu'un sentiment étrange, un haut le coeur suspect....

Celui de nous être fait malgré nous, malgré lui, embarquer dans la dérangeante fascination en forme d'obsession névrotique de son auteur: la vertigineuse pénétration métaphorique d'un insondable et sombre vagin carré (mais peut-être sommes-nous confinés dans les étroitesses obscures d'un infini couloir rectal à angles droits)....

 

 

http://www.editions-delcourt.fr/3s/index.php?page=album

 

http://www.amazon.fr/3-Marc-Antoine-Mathieu/dp/275602595X

 

 

Soeur Sourire    

 

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