Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 09:28

couv 9782849531273 grandeLe Très Révérend Père aurait tout aussi bien pu me donner un châtiment corporel — à n’en pas douter, sœur Sourire y aura droit — plutôt que ce calvaire, cette onzième plaie d’Egypte, cet implaidable dossier de cour d’assises, que dis-je, ce procès en sorcellerie qu’est le cas  Mimi Stinguette. Mais puisqu’il faut obéir, alors obéissons.

 

Hum Hum... Messieurs les jurés.

L’on a vu récemment des hordes de charognards et toutes sortes d’insectes nécrophages  s’acharner sur la dépouille mort-née de Mimi Stinguette. A peine sortie de la soupe primitive qu’est le web, cet utérus artificiel rempli de milliers de blogs-foetus souffrant la plupart des pires malformations congénitales, à peine entrée dans le vrai monde, celui de la publication, Mimi Stinguette fait l’objet de toutes les attaques, de toutes les lâchetés. S’acharne-t-on sur un nourrisson vagissant, sur un petit être tout neuf et plein d’allant ? Est-ce donc cela que nous enseigne notre bon Seigneur ? Les animaux s’entredévorent-ils lorsque rien ne les menace ?

Mimi Stinguette progresse donc dans l’existence avec, dans son sillage, une horde aboyante de garants de la morale bédéiste, une clique de gardiens du temple phylactère, un ramassis d’exégètes de la case tirée au cordeau, de grammairiens de l’encre de chine et de la mine de plomb, de petits professeurs de dessin frustrés de n’être pas eux-mêmes arrivés à percer leur poche des eaux, à pointer le bout de leur œuvre entre les cuisses d’une maison d’édition.

 

Touchée par un état de grâce, Mimi Stinguette subit son martyr sans jamais quitter son sourire de vierge pure : l’atrocité du quotidien, ce lent désastre sans salut, elle le sublime et le sanctifie par son sourire mystique souligné par l’immensité humide d’un regard compatissant. Asphyxiée dans une robe tube Gucci, démantibulée par le poids d’un sac Prada, écorchée vive un jour de solde, ignoblement mutilée par les talons aiguille de ses Louboutin, elle garde bon moral et fière allure, elle avance vers ses bourreaux la tête haute et le visage illuminé de divins rayons.

A côté de son supplice, Sainte Jeanne d’Arc n’est qu’un rôti du dimanche. Sainte Blandine, une pâtée pour chats. Sainte Catherine, un tourniquet de bac à sable. En toutes circonstances, Mimi Stinguette sourit. Rien, absolument rien, ne semble l’atteindre. Et c’est là l’origine de toutes les méchancetés. Ceux qui ne souffrent pas, ceux qui, par la puissance de leur esprit et de leur foi, ont trompé les lois de l’existence en s’immunisant contre le désespoir, ceux-là nous sont insupportables. Ceux-là doivent être exécutés.

 

C’est donc avec acharnement que la société des cyniques fait résonner dans les longs couloirs humides de son impuissance, ses lugubres ricanements de hyène en crachant son venin frelaté  et ses vains éjaculats au visage de l’Espérance, cette belle vertu théologale.

Les académiciens du neuvième art reprochent à Mimi Stinguette l’amateurisme de son trait. Mais lorsque la forme est en parfaite adéquation avec le fond, n’est-ce pas là l’alchimie secrète des plus grandes œuvres d’art ? 

 

Frère Jacques

 

http://www.amazon.fr/Mimi-Stinguette-naturel-Voire-très/dp/2849531278

http://www.la-boite-a-bulles.com/

Repost 0
Published by meaculpa - dans mea culpa
commenter cet article
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:48

Le Très Révérend Père Abbé, revenant d'un court voyage, découvre les frasques commises par quelques membres de la congrégation, livrés à eux-mêmes. Frère Jacques ayant particulièrement dépassé les limites imposées par son ordre, il lui signifie expressément de venir faire publiquement....son mea culpa.

 

                                                       images (1)

 

Frère Jacques, allongé face contre terre, les bras en croix:

C'est vrai que j'y suis allé un peu fort sur Mathieu Sapin durant votre absence, Très Révérend Père, je le reconnais, et le regrette, mais d'abord, je ne suis pas le seul ! Ai-je été plus dur que le frère Anonyme à propos de ce livre sur la cuisine ? Et je n'ai pas été, comme Sœur Sourire, jusqu'à apporter dans nos murs d'ignobles sous entendus à propos du péché originel ! Et puis j'ai une excuse. C'est que voilà, moi, moi, moi, moi, je voulais du Supermurgeman, du Mégaron, du Journal de la jungle ...... parce que Mathieu Sapin d'habitude, j'aime bien, voilà !!!

Je pensais rigoler un coup le temps d'une lecture, m'échapper un moment de la pesante heu..........ronronnante vie du cloitre et puis alors.....ben.....j'étais un peu déçu...et...péchant par orgueil, je me suis laissé....oui, c'est cela, emporter par le style, par la verve, ne pensant pas forcemment...à mal. Je...j'étais comme possédé, c'est exactement cela mon Très Révérend Père !

C'est pénétré de repentir, fondu de contrition que que j'implore le pardon de mes péchés envers Mathieu Sapin: MEA CULPA, MEA CULPA, MEA CULPA

Mais Très Révérend Père, ajustez votre juste sentence, éclairé de ma personnelle conclusion quand à mes actes, dont je me repends sincèrement: qui aime bien châtie bien....

 

Le Très Révérend Père, armé de la douceur et de la patience nécessaire à ramener sur les chemins vertueux ses brebis égarées:

Qui aime bien châtie bien ? Ainsi soit-il Frère Jacques. Vous me lirez 30 fois le livre «Mimistinguette, au naturel», de Myriam Rak, et m'en ferez par la suite louanges et dithyrambes.

                                                        couv_9782849531273_grande.jpg

Frère Jacques, pâle comme un suaire:

Mon Très Révérend Père, la punition égale-t-elle la faute ?

 

Le TRP, emprunt de compassion:

Peut-être préférez-vous remplacer «Mimistinguette» par une des œuvres de Margaux Mottin ?

 

Frère Jacques, épouvanté:

Je....je prends Mimistinguette.

 

http://mimistinguette.canalblog.com/

http://www.la-boite-a-bulles.com/fiche_album.php?id_album=120

http://margauxmotin.typepad.fr/


Repost 0
Published by meaculpa - dans mea culpa
commenter cet article